L’urgence

La semaine dernière j’ai fait ma deuxième sortie « running » du confinement. Trois fois rien, quelques minutes, pour aller retrouver ce petit chemin de campagne à quelques mètres de là. Celui où je savais que je serai seule, isolée (enfin bon, à 1 km de chez moi), au calme.

Celui où je pourrais enfin libérer CE CRI, bloqué au fond de ma gorge et qui me tord les entrailles. Celui qui m’obsède quand je me couche, celui qui me réveille, celui qui me fait n’avoir pas faim ou reprendre du chocolat pour la troisième fois.

Ce cri c’est celui de l’urgence. Cette urgence si incongrue en ces temps de confinement, « où le monde ralentit ». Si si, on le dit. On le lit. Mais alors pourquoi je n’y trouve ni sérénité, ni épanouissement. Pourquoi au contraire je culpabilise de ne pas ralentir. Pourtant dieu sait que j’aime ça le calme. Le slow. Que je ne troquerais pour rien au monde une soirée plaid+tisane+bouquin pour une soirée de folie en boîte de nuit même avec mes meilleurs amis.

Pourquoi cette urgence permanente, comme une drogue dont on sait qu’à long terme elle vous détruit, mais dont on ne peut se passer sur le moment. Ce petit shot d’adrénaline, cette course perpétuelle, cette envie du « toujours plus », « toujours mieux »…

Se réveiller en pensant à tout ce que l’on va pouvoir/devoir faire. Approcher les vingt dernières pages d’un livre en pensant déjà au prochain. Savourer le « gâteau du dimanche » en se demandant simultanément comment on pourrait tester une variante. Courir les premiers mètres en rêvant à cette sensation de flow, qui tant attendue ne viendra jamais. Faire une première séance de yoga en imaginant déjà que ça devienne une nouvelle passion….

***

Serait-ce le « cerveau-qui-va-trop-vite » du fiston qui me déteint dessus avec ces nombreuses heures passées ensemble?

Serait-ce l’absence soudaine de tout ce qui pourrait ressembler à une « normalité », tantôt réconfortante, tantôt horripilante?

Serait-ce cette impossibilité de se projeter, de prévoir, ces plannings mûrement construits sur les X prochain mois et qui tombent à l’eau?

Serait-ce une insatisfaction permanente, de vouloir tout, tout le temps, tout en même temps?

Serait-ce cette impossibilité d’offrir des « pauses » à mon cerveau? de le canaliser, de l’épuiser? un bonne grosse grimpette où tout se déconnecte et où je ne pense qu’à mettre un pied dans l’autre…

***

Je n’ai pas la réponse. Ou je ne veux pas l’avoir. Toujours est-il que cette « fuite en avant » est une jolie ligne de crête, dans laquelle je trouve mon équilibre la plupart du temps, mais qu’il faut bien veiller à ne pas en tomber. A bien baisser la tête pour regarder ses pieds (pour ne pas dire son nombril) et se concentrer sur le moment présent. A bien lever la tête pour regarder devant soit, pour savoir où l’on va. A faire confiance à ses associés, accrochés à la même cordée et à tenir le cap avec eux. A bien lever la tête pour regarder ailleurs aussi, au loin, le fameux « lever la tête du guidon », et apprécier le paysage, le chemin.

Je sais que c’est passager. Que c’est épisodique. Que c’est exacerbé par le confinement. Et qu’au final ces questionnements sont plutôt sains ❤

#SlowDownAndEnjoy

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